Lunatique, Bipolaire, Dépressive ?

Ca fait très longtemps que j’ai conscience de l’étendue des dégâts. J’ai toujours su que j’avais une personnalité torturée. Ma mère dit que je suis écorchée vive. Mais je n’ai jamais eu le courage de mettre des mots sur mon mal-être.

Ca fait des années que mon moral est en dents de scie. Je peux me lever un matin avec la motivation de réaliser des exploits et dégringoler quelques heures après parce qu’il y aura eu un caillou dans le rouage de ma journée. Pendant un moment, j’ai même eu peur d’être bipolaire. Mais après quelques recherches, je me suis rendu compte que mes changements d’humeurs n’étaient pas « assez » extrêmes.

Je suis tout simplement lunatiqueun terme généralement utilisé pour désigner un trouble de l’humeur et/ou de la personnalité chez un individu. Ce trouble peut vivement ou lentement se manifester selon les conditions, ambiances ou atmosphères dans lesquels se trouve le sujet. Ce trouble peut survenir à tout moment souvent pour une raison méconnue, même chez un individu potentiellement lunatique peut changer partiellement ou totalement.

Et je dois vous dire que c’est plutôt fatigant à vivre. On a tendance à utiliser facilement ce terme pour quelqu’un de susceptible ou de grognon. Mais être vraiment lunatique est réellement un terme psychiatrique. Ajouté aux autres caractéristiques de ma personnalité, ça donne un mélange assez explosif. Autant pour moi que pour les autres.


Comment qualifier ma personnalité ?

On peut dire de moi que j’ai une tendance à l’auto-sabotage voir à l’auto-destruction. Hypersensible, je suis excessive dans mes sentiments comme dans mes actes. C’est tout ou rien.

J’ai également des tendances dépressives. J’ai fait ma première dépression à l’âge de 3 ans, la seconde à 15 ans, la troisième à 19 ans et la dernière à 28 ans. Ce n’étaient pas des dépressions sévères, je n’ai pas eu de pensées suicidaires même si j’étais auto-destructrice, je n’ai jamais souhaité mettre fin à mes jours, et je ne me suis jamais faite aidée pour m’en sortir. Je l’ai toujours refusé. D’ailleurs je refusais d’admettre que c’était ce dont je souffrais.

Ca me faisait peur. Et puis pour moi, la dépression, les psys, c’étaient pour les faibles. Je me considérais comme trop forte pour souffrir de ce genre de mal.

Je m’en suis sortie à la force de ma fierté qui refusait de s’avouer vaincue, de l’écriture et surtout du soutien sans faille de ma mère. enfin sortie… je ne sais pas si on peut vraiment sortir de cette spirale. J’ai l’impression que ça plane au-dessus de ma tête, attendant un instant de faiblesse pour me submerger à nouveau. Peut-être que c’était une bêtise de ne jamais m’être faite aider. Mais je n’étais pas prête, je le refusais, je n’aurai pas été réceptive. Peut-être que je finirai par l’être.


Ma personnalité instable est difficile à gérer. Pour moi d’abord, car je ne sais pas dans quel état d’esprit je vais me réveiller, quelle énergie j’aurai, si j’en aurai suffisamment pour lutter contre mes démons.

Mais je crois que le plus dur, c’est pour les gens autour de moi. Ils ne comprennent pas mes changements d’humeur. Ils ne comprennent pas pourquoi je vais bien un jour et le lendemain plus rien ne va. Ils l’interprètent mal, pensant que ce ne sont que des caprices alors que j’ai tout pour être heureuse. Et moi je culpabilise de leur faire endurer ça et également de me sentir mal.

J’ai eu plusieurs phases. Au départ, je cachais tout. Après, j’ai fini par me confier, on m’a encouragé à m’ouvrir aux autres. Mais aujourd’hui, je regrette. Je sais que les gens vont finir par se lasser, n’arrivant pas à me suivre.

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5 réflexions sur “Lunatique, Bipolaire, Dépressive ?

  1. Je ressens exactement la même chose que toi! J’espère que tu vas pouvoir t’en sortir, que les gens autour de toi finirons par te comprendre…Bonne soirée

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  2. Tu as bien fait de te confier, mais vraiment l »idéal est de le confier à un psychologue. J’ai moi-même eu la chance d’être aidée par un psychologue à cause d’une maladie chronique (physique) qui retentissait sur mon moral et je dois admettre que j’ai été bluffée par tout ce que j’ai compris sur moi et mon fonctionnement lors de ces séances. Au bout de seulement quelques mois je suis ressortie complètement différente, car j’y ai appris à être plus douce envers moi-même et avoir de la compassion aussi pour moi et mes souffrances (car en général, on a tendance à se juger négativement et à être très dure envers soi-même, ce qui augmente nos souffrances et nos névroses). J’y ai compris aussi des fonctionnements acquis à cause de mon environnement dans mon enfance etc .. Ensuite, une fois que tu auras réussi à dépasser ta peur de te confier (ça peut prendre du temps en effet, mais essaie de ne pas en perdre trop), je te conseille de faire un sport ou une activité qui te détende, comme du yoga, de la méditation, ou n’importe quelle chose qui te corresponde et t’aide à t’apaiser (ou même à faire ressortir ces émotions en toi, ça peut aussi être artistique ou créatif). C’est un chemin que tu vas prendre pour un mieux être, mais sache qu’on peut toujours progresser et même changer si l’on se donne les moyens de le faire et qu’on ne pense pas que l’on est ainsi et que rien ne changera. Gros bisous et bon courage à toi 😉
    http://www.lesnotesdezelda.fr

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  3. Cela faisait 3 ans que je subissais mon humeur instable et que je le faisais subir à mes proches. Comme toi, j’ai fini par me confier pour qu’ils puissent enfin comprendre et comme toi, j’ai peur qu’ils se lassent et m’abandonnent car fatigués de tout ça.
    J’ai commencé à voir un médecin il y a seulement 2 mois. J’ai l’impression d’aller un peu mieux et puis pas tellement. Ces matins où je me lève et où je pense que rien ne va aller sont encore très fréquents ….
    En lisant ton article, j’ai trouvé incroyable que notre chemin soit si semblable et je dois avouer que si tu veux en parler plus longuement avec moi, j’en serais ravie !

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  4. le fait de se confier a des amies peut aider a ce qu’ils te comprennent mieux mais cela peut être aussi problématique, car après tu dois avoir peur qu’ils ne voient en toi que le côté lunatique.

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